Le rythme des saisons
Fil de laine, tapis douillet, feu de cheminée, couette chaude et tisane parfumée font de l'hiver un temps privilégié pour des moments à passer avec soi-même. C'est la période de l'année où notre corps réclame du repos, de l'attention et un retour vers le centre de nous-même.
La nature nous en donne l'exemple, tout est repos.....du moins en apparence. Tout semble endormie, figé, certains arbres donnent même l'impression d'être mort. Pourtant, en souterrain dans la terre, la vie continue. C'est de cette terre que la nature va puiser la force et la vie pour éclore de nouveau dès que la température extérieure le permettra.
Pour nous, c'est la même chose, notre organisme a besoin lui aussi de repos et de retour vers l'intérieur. Le froid, le vent, la pluie sont une agression qu'il lui faut surmonter en se maintenant à la bonne température. Notre corps puise alors toute son énergie au plus profond de lui-même, en énergétique chinoise cette énergie provient des reins (énergie vitale, le Qi). Cette énergie n'a pas pour but en cette saison de nous mettre dans l'action, mais plutôt de conduire à l’introspection pour nous permettre de faire germer le plus beau en nous.
Seulement nous sommes tellement éloignés de cette écoute intérieure, que nous restons perpétuellement dans le faire, l'action. Nous nous plaignons du temps qu'il fait, de la grisaille que l'on voit aux travers de nos fenêtres, car cela joue sur notre moral et notre force vitale.
Réjouissons-nous au contraire et remercions la nature de nous rappeler qu'il nous faut nous aussi profiter de cette saison pour ralentir le rythme, cessons d'aller dans le faire pour revenir et être au centre de nous-même.
C'est le moment de regarder nos parts d'ombres, d'écouter nos besoins, nos envies. Choisir ou au contraire affronter la compagnie de soi !!
Qu'avons-nous à nous dire ?
Qu'avons-nous à entendre, que seul le silence et l'écoute profonde peuvent nous raconter.........
Qu'avons-nous à découvrir en décidant d'entreprendre le voyage vers notre monde intérieur ?
-----------------
Francis est venue cette semaine pour « essayer » une séance en réflexologie plantaire consciente dont j'explique les fondements dans la revue Bio-contact du mois de janvier. Comme beaucoup d'entres-nous, Francis ne le supporte pas, il déprime et souffre beaucoup du dos. Il reste parfois des jours avec des migraines.
Dès son arrivée, il me présente ses maux physiques qui durent depuis bien fort longtemps et m'exprime aussi ressentir de grosses douleurs cervicales et dorsales qui le paralysent dans certains mouvements posturaux. Il se sent diminué et n'a plus le goût de vivre. Ayant été voir plusieurs thérapeutes et « tester » différentes méthodes, il ne me cache pas qu'il a perdu espoir. Pour clore le tout, il n'est que de passage sur la région bordelaise et ne revient pas avant l'été, il ne pourra donc pas revenir rapidement.
A la lecture de son pied, apparaît l'absence du père, l'insécurité affective et surtout aucun ancrage sur ses bases ! La place sur le pied qui représente la mère apparaît de manière sur mesurée et très sensible au toucher pour Francis. Normal me dit-il « mon père était absent et quand il rentrait parfois tard, il était violent. Ma mère passait ses nerfs sur moi et je devais toujours rester sur le qui-vive car je pouvais recevoir un coup sans même le voir arriver ! ».....
Ma question a été alors de lui demander pourquoi se sentait-il si déprimé et depuis quand ? « J'ai fait ma première déprime alors que j'étais étudiant......je n'avais aucune confiance en moi, j'avais peur des autres. » « Depuis je suis un dépressif chronique »...
Françis, a ancré en lui que tout le monde pouvait être dangereux (car même sa mère en qui il avait confiance était source de danger) et gardé dans sa mémoire que face à l'autorité, mieux valait se figer pour ne pas souffrir (les coups de maman et les mots durs et dévalorisant de son père), ce fonctionnement est devenu un réflexe.
Résultat, Françis vit perpétuellement dans l'angoisse de faire quelque chose qui puisse être mal et réveiller la colère de l'autre. Par exemple, cela l'amenait à perdre ses moyens quand il avait à prendre la parole en cours, puis ces peurs se sont accentuées lorsqu'il a dû chercher un emploi....
Son corps, gardant en mémoire la douleur des coups, sa nuque et ses épaules ne savaient plus se détendre, ses peurs s'étaient imprimées sur son corps au niveau des lombaires de manière à ce qu'il ne puisse plus faire de mouvements intensifs ou répétitifs, résultat il finit par ne plus pouvoir travailler (ce qui lui évitait à avoir à affronter l'autorité, en l'occurrence son employeur).....et la migraine survenait dès qu'il avait à agir par lui-même pour des choses parfois très simple.
J'ai accompagné Francis pour qu'il puisse renouer le dialogue avec son corps, tout d'abord, par une visualisation guidée. Je l'ai amené à se connecter avec toutes les sensations désagréables ou souffrances qu'il ressentait, pour les évacuer doucement et les remplacer par des sensations de détente, de sécurité de confiance.
Puis, en douceur, il est allé au plus profond de lui-même retrouvé le petit enfant figé dans sa peur. Il lui a parlé, l'a rassuré et l'a amené à parler à ses parents.
A la fin de ce voyage intérieur, Francis s'est senti soulagé et moins tendu (ce sont ses mots). Simultanément, j'ai commencé la séance de réflexologie afin d’éliminer les tensions au niveau du diaphragme, des vertèbres cervicales et de toute la colonne vertébrale puis continuer en insistant sur la zone réflexe de la vessie et des reins afin d'aider le corps à se débarrasser des peurs et de vider la poubelle émotionnelle (en l'occurrence sa vessie).
Trois jours plus tard, il me rappelait pour me dire que c'était la première fois depuis des années qu'il arrivait à faire des nuits complètes, sa migraine avait disparu, la nuque était moins douloureuse et le meilleur était qu'il s'était surpris à ne plus sentir la sensation désagréable de vide et de manque de goût de vivre.
Francis s'est fait le cadeau d'aller au fond de lui-même pour regarder les parts d'ombres qui l'empêchaient d'être pleinement épanouie dans ces différents corps : émotionnel, physique et énergétique. Son corps physique gardait en mémoire toutes les souffrances de son enfance. Son corps émotionnel avait gravé des émotions si fortes qu'elles continuaient aujourd'hui encore à lui faire vivre des sentiments comme la dévalorisation, l'angoisse et le rejet. Il était donc la seule personne à pouvoir vraiment savoir et ressentir ce, que l'enfant qu'il était, avait gardé comme souvenir de cette époque et les conséquences sur sa vie. Lui seul aussi pouvait parler avec autant de conviction et de précision à cette partie de lui qui criait son traumatisme ainsi qu'à son corps gardien de la mémoire des événements.
A partir de maintenant, pouvez-vous le matin lorsque vous ouvrirez vos volets et regarderez le ciel, remercier cette saison et la vie entière de vous donner le temps de transformer vos parts d'ombres en lumière et fassent de ces moments un cadeau pour tout votre être car un instant vous avez pris le temps de dialoguer avec vous-même.